Archives de catégorie : Espace membres

Rencontre N°20 TOULOUSE

Rencontre Nationale du Réseau TO N°20. 9 et 10 nov 24, Verfeil, organisée par TOT
THEME PRINCIPAL : LA VIOLENCE. Ci-dessous UN EXTRAIT : 5 pages

Extrait réalisé par JF. jf.martel@orange.fr. Le compte-rendu intégral (21 pages) est l’oeuvre de Pierre lenelfr@yahoo.fr (Naje) qui a rassemblé différentes prises de notes.

PLAN du TEXTE
A) ex. préparatoires et récits de situations violentes dans nos pratiques : page 1
B) scènes créées et jouées page 2
C) repères théoriques / violence page 3
D) jeux et exercices page 4
E) lutte locale contre l’A69 page 5
F) Qui était là ? Bilan du week-end, prochaines rencontres page 5

A) LA VIOLENCE exercices préparatoires
1) « la violence, c’est… »
-En binôme : sculpter la violence, par la méthode des statues.
2) En cercle, prendre la parole en allant au centre : « la violence (ou la non violence) c’est … » ceux qui se retrouvent (plus ou moins) dans l’affirmation, se rapprochent + ou – du centre. .
3) brainstorming en 4 sous-groupes, préparation au débat mouvant. 4) débats mouvants : « Le TO exclut la violence »et « Nous sommes toustes violent·es

A’) LA VIOLENCE Récits de violences rencontrées dans nos pratiques
Un forum dans un Centre social
dans un quartier « sensible ». L’installation se vit déjà dans une ambiance hostile. Pendat le forum, un groupe de jeunes menacent verbalement, le joker les invitent à venir tous sur scène pour nous montrer en image, comment la scène serait, aprés leur passage où ils « casseraient tout » « Modelez les comédiens ! » Bien poliment, ils couchèrent les acteurs au sol ! Le joker demande alors : « et le décor ? « oh ! On peut ? »Note importante : nous avions fait un travail d’image et de sculpture avant le forum.
En CAT (ESAT) TO avec les résidents. Les participants ont raconté leurs difficultés dans et face à l’institution : douches cassées, interdiction d’avoir des invités, intrusion dans les chambres. Un jeune a été déclaré « obsédé des douches » dans la scène il disait « c’est parce que je suis malade et obsédé que les douches sont cassées ». Un gros scandale a eu lieu accusant chacun·e de tout.
Dans un forum sur le SIDA un personnage dit : « c’est ta faute si tu l’as, tu l’as mérité ». Personne ne bouge dans la salle. Le Joker questionne le public, pas de réponse. Le joker prend position.
Dans un forum sur la lesbophobie, un spectateur monte sur scène et tient des propos violents. Le joker rappelle la comédienne sur scène pour la faire réagir face à celui qui la remplace.
En groupe, des récits durs : migrant tabassé à la frontière, un albanais torturé en prison
impossible de monter un forum, mais j’ai créé un lieu d’écoute pour les personnes qui souhaitent raconter… et pour celles qui sont OK pour écouter ; en espérant que ça pouvait aider…
Sur les violences sexuelles : que peut-on montrer ? Ne pas invisibiliser, mais pour montrer ce qui doit l’être, trouver des techniques : par exemple des images qui bougent lentement mais ne vont pas jusqu’au toucher, des scènes qui montrent le « avant » et le « après »… Dire : « c’est passé et on ne peut pas y revenir, mais  qu’est-ce que tu voudrais après » ? Utiliser « l’image du futur qu’on craint ou qu’on espère »

B) VIOLENCE : DEUX SCENES CREES à partir de situations vécues
scène 1 :
la violence par négation de notre action.
Réunion à la préfecture pour préparer un colloque sur les violences intra familiales.
Les représentant.es des associations de lutte contre ces violences : Planning Familial, aide sociale à l’enfance (ASE), déléguée au droit des femmes, procureur de la République.
Procureur : « La prévention, c’est bien mais vous avez très peu d’impact. La punition, c’est mieux que la prévention ». « Moi, je lutte concrètement ». F
Le groupe voulait montrer cette scène , mais ne souhaitait pas faire forum.

Scène 2 : lorsque la violence traverse nos pratiques.
C’est le spectacle de théâtre forum de fin d’année sur les histoires des participant·es.
Acte 1 : deux heures avant le spectacle, Odette (qui joue dans le forum) informe le groupe que sa fille adulte et sa petite fille seront présentes (avec des copines) pour la voir jouer. Odette privatise une petite partie de la salle pour accueillir sa famille.
Acte 2 : pendant le spectacle, la petite fille d’Odette, fait beaucoup de bruit. Un spectateur se plaint de « cette mère qui ne sait pas tenir son enfant ». La jokère demande à la fille d’Odette d’emmener la petite fille dans la cour. Un spectateur se plaint de cette mère qui ne sait pas tenir son enfant, de plus il la malmène quand elle quitte la salle.
Acte 3 : une semaine plus tard, bilan de fin d’année. Odette : « j’ai bien compris que mes petits-enfants faisaient du bruit. Vous m’avez gâché mon plaisir. Ça m’a fait violence. Je vais me remettre en question, mais j’espère que vous allez vous remettre en question ».

QUESTION AU PUBLIC : que faire ? On vous propose de remplacer la jokère !
R1 : la petite s’agite, arrêter le spectacle, questionner, faire appel à l’intelligence collective.
R2 : avant le spectacle, rappeler que l’année dernière il y avait trop de bruit. Proposer de faire garder les enfants à une éducatrice.
R3 : faire un stop, et proposer à la petite-fille de venir sur scène sur scène, et de la confier aux genoux de sa grand-mère ! (et si d’autres enfants veulent aussi monter sur scène ? Et si Odette ne peut plus jouer son rôle?)
R4 : Pendant la séance de bilan de l’atelier, la semaine suivante. La jokère se remet en question et demande : quel travail de fond sur la solidarité pour la famille ? Confier ses enfants, ce n’est pas toujours simple.
R5,6,7 : Pendant la séance de bilan, chercher collectivement des solutions pour l’année prochaine, par exemple organiser la présence partielle des enfants ou même des familles, à certains moments des répétitions. (mais une femme du groupe dit : je supporte pas les enfants, ce sera moi ou eux!)
Débat : Qui opprime ? Quelles oppressions sont en jeu ?
– Est-ce la mamie, qui impose sa petite fille à des gens qui ont répété toute l’année ? La mamie n’est pas oppresseur, elle est le symptôme de l’oppression.- Est-ce le problème systémique sur le rôle assigné aux femmes (mère ou grand-mère) ?
– Est-ce le peu de place des enfants dans nos sociétés ? Dans certaines sociétés, les enfants sont associés au monde des adultes.
– Est-ce notre groupe de théâtre, car nous n’avons pas anticipé le besoin de certaines ?
– Les enfants peuvent ils avoir accès au monde des adultes ? Dans certaines sociétés, les enfants sont associés au monde des adultes.
Note 1 : Site <voyage dans le réseau, lire : « maltraitance des enfants » sur la place des enfants en TF.

C) VIOLENCE : REFLEXIONS ET DEFINITION
1) Article de Jack Halberstam, « Tu me fais violence » ( revue Vacarme, 2015/3)
Pourquoi Pierre a-t-il proposé ce texte ?
Parce qu’il faisait écho à un vécu lors d’un stage animé par NAJE où les animatrices se sont trouvées confrontées aux mêmes types de posture que ce qui est indiqué dans l’article.
Le point de vue situé remet une lecture politique et sociale sur un vécu.
Exemple : « cette parole fait violence à mon identité en tant que femme » est autre chose qu’un point de vue individuel (ex : tu me fais violence à moi).

Réflexions sur l’article.
Nous y lisons notamment le émoignage d’une personne qui vient du milieu queer : c’est un point de vue situé et critique de son milieu. Elle vient questionner le fait que dans le milieu queer, très politisé, il y a beaucoup de discussions qui viennent parasiter l’avancée de leur lutte, déplacer le problème. Ce qui fait écho dans nos pratiques : effectivement les mots ont un sens et c’est compliqué de choisir les mots qui ne font pas violence à quelqu’un.
Exemple : un bar nommé « travelo » qui est de la communauté queer par rapport à une personne utilisant le terme « travelo ».
Questions :
rapports entre vécu de violences individuelles /luttes systémiques
Comment faire commun ?
Priorisation des luttes pour éviter la dispersion ?
Repolitiser nos relations individuelles
Accepter les oints de vue situés, créer une charte (de respect).


2) Eléments de définition de la VIOLENCE, par Pierre Lenel
Il est important de bien nommer les choses: Violence / Domination / Oppression / Conflit / Agressivité.
Rappel : pour le TO, être opprimé·e : avoir la volonté de se dégager d’une oppression.
un·e opprimé·e ne l’est que si elle ou il a la volontéd’une action.
Le conflit résulte d’un désaccord entre deux personnes. La conflictualisation est nécessaire pour éviter que la violence ne se déploie. 
On peut définir ainsi la violence  :
-Force exercée par une personne ou un groupe sur une autre personne ou un autre groupe pour lui imposer quelque chose ;
-Droit civil : Contrainte illicite exercée sur quelqu’un pour obtenir quelque chose de cette personne avec son consentement ;
-Droit pénal : obtenir quelque chose sans le consentement.
Pour certains, la violence est liée à un instinct de survie, elle ne vise pas le plaisir, mais la conservation de sa vie.
Agressivité : il s’agit d’une demande, pas de volonté de détruire, mais une volonté de lien plus ou moins bien énoncée.

D) LES JEUX et EXERCICES
Deux exercices et réflexions sur le toucher.
3) Marilableu :
construire des images d’états concernant mon envie (ou pas) d’être touché·e maintenant. Trouver un binôme, en prenant contact par les yeux. On expérimente ensuite à deux comment on se sent à l’idée d’être touché·e.

4) Matthias : massage / danse Un·e ange gardien masse jusqu’à faire danser son partenaire puis inversion des rôles.
Débriefing et partage d’expériences et rapport au toucher dans nos pratiques :Quelques remarques :
A propos de la difficulté à être touché·e toucher :
peut-être faire d’abord le jeu de la main perdue, notamment l’étape du papillonnage avec les mains avant de se choisir.
-Pendant le covid on a inventé des alternatives au touché (bâton, etc.)
– Le consentement doit être révocable, enthousiaste, explicite et circonscrit dans le temps.
– la culture du contact est forte en TO, si bien qu’on ne la questionne pas.
– Idée de la « charte du toucher »? Ou d’un consensus à bâtir avec le groupe.

AUTRES JEUX: Pour choisir nos jeux : nous puisons au hasard dans une boîte un petit papier avec le titre d’un jeu et son ou sa joker·e. Les jeux bien connus ne sont pas relatés ci-dessous.

1) Le miroir d’Ariège, animé par Kaé (jeu de rythme et d’intégration) 1ère phase de jeu : en cercle, on lance un pelote de laine imaginaire à une personne qui sera celle qui nous observera et nous imitera par la suite. 2ème phase : ne pas chercher à bouger, laisser venir les micro-mouvements.Il n’y a pas de chef d’orchestre.

2) Le Kakacrabe. Attention : qui l’a animé ? (Le déroulement reste à préciser par cette personne)
Jeu d’intégration, c’est une variante du chifoumi, qui se joue par deux, main(s?) dans le dos.
Crabe : deux mains en forme de pinces de crabe
C’est moi qui mange : index tourné vers ma bouche
Caca : deux poings fermés
C’est toi qui manges : index tourné vers l’autre
Crabe contre crabe : match nul, Caca contre caca : match nul
Au bout de trois crabes ou cacas, la personne a gagné ou perdu.

E) UNE LUTTE LOCALE :
Nous avions invité Bernard, du collectif La Voix est Libre qui lutte contre l’A69, l’autoroute de 53km qui relierait Castres à Toulouse.
Bernard nous raconte leur lutte, d’abord contre les carrières qui préparaient le projet, puis son soutien concret aux « écureuils » perchés dan s les arbres pour empêcher leur abattage, leur volonté de créer des événements pour que l’opinion publique entende la situation, la démesure des moyens de répression (condamnée même par l’ONU).
« Il s’agit pour nous, d’apprendre à être dans l’espace public, de savoir parler du problème à nos amis et voisins, tout en assumant une relation amicale ».
Nous mettons ensuite en scène un groupe de joueurs de boules dont un essaie de convaincre les autres de venir manifester contre l’A69, et nous faisons forum.

NOTE 2 : après la rencontre de Verfeil, Mathias (TOT) a organisé avec Cathy (TOT) et Josefa (TSF) une journée de TO avec les opposants à l’A69. NOTE 3: le 27 février 25 le tribunal administratif de Toulouse a l’annulé l’autorisation du projet, gravement impactante pour l’environnement, qui avait été déclarée d’utilité publique en 2018 ! L’Etat fait appel de cette décision. C’est la 1ère fois qu’un projet d’autoroute est arrêté pour des raisons environnementales.

F) QUI ETAIT LA ?     BILAN du week-end,      RENCONTRES à venir
Qui était là ?
18 Participant·es, dont 14 du sud ouest, venu·es de 9 groupes.
Mathias, Cathy et Kassia, Toulouse (Cie TOT groupe associé)
Fatima et Pierre Paris (NAJEgroupe adhérent actif)
Audrey et Annie :Tarbes, (histoires d’eux histoires de nous, groupe associé)
YouYou et Mickael dit Kaë, Ariège.(Le cri des broutilles devenu depuis : Cie haute tension)
Jean-François dit JF, Lille (T’OP !groupe adhérent actif)
Marielle, Claire Julie d’Ariège et deToulouse (Cie l’Effet Inattendu)
Franck Orléans, (collectif du Pois Chiche)
Marilableu
Toulouse, (Cie Folies Passagèresgroupe adhérent actif)
Luc
, Toulouse, a participé à Ambata (Paris) il y a 20 ans !
Marie José dite Josefa, et Pierre, Toulouse. (groupe TSF)

BILAN
 Une personne s’avance au centre et annonce « j’ai aimé ceci cela du week-end ». Résumé :
Grande satisfaction sur l’ambiance, l’animation par TOT, le lieu et les conditions d’accueil. Bravo !

PROCHAINES RENCONTRES
– mieux définir qui fait quoi, la préparation, l’animation, l’accueil.
-Thème proposé : le consentement.
-Alterner les rencontres entre nord et sud de la France ?
-Pourquoi pas aller au Négral, un éco-hameau avec une salle adaptée en Aveyron ?
Nous actons la proposition du groupe de travail créé en avril:
Rencontre en Bretagne les 29/30 mars 25. Thème : réflexion sur le fonctionnement du réseau, mais nous y ajoutons une AG statutaire, et un moment d’analyse des pratiques.

NOTE 4  : par la suite un sondage sur le lieu de la rencontre a conduit le bureau à choisir Paris.


Texte mis au point le 1er mars 25. Les notes en italiques sont de JF.
Pour lire le CR complet (21 pages) établi par Pierre : voir son mail du 7 janvier à 12h08.
Commentaires, questions, compléments sont les bienvenus à : contact@reseau-to.fr

 

58 groupes du réseau TO depuis 11 ans : les anciens, les disparus, les nouveaux !

11 ANS DE RESEAU THEATRE DE L’OPPRIME : panorama de 59 groupes
Certains sont là depuis le début, certains ont disparu, d’autres sont arrivés !

Par JF Martel, secrétaire du Réseau. Point de mes connaissances fin 2024, revu le 10/02/25  contact@reseau-to.fr
J’espère n’avoir pas trop oublié de monde ! Les coordonnées de ces groupes :
sur le site www.reseau-to.fr à la page groupes et à l’onglet listes de la page membres

LES 3 AXES DU RESEAU TO
– le désir et le besoin d’échanger
à égalité entre praticien·ne·s du TO.
– la volonté de lutter contre les oppressions par le TO en accord avec les positions d’A. Boal
– la préférence pour la coopération, plutôt que la concurrence entre groupes.
Nous avons ajouté un quatrième axe récemment :
– l’attention aux dominations au sein de nos groupes et de notre réseau.

BREVE CHRONOLOGIE DU RESEAU
Rencontre N° zéro 
: le 2 déc 2013 à Lille, proposée par T’OP! intitulée « vers un réseau TO » à l’occasion d’un stage international dirigé par Sanjoy et Sima Ganguly de Jana Sanskriti (Inde).
1ère rencontre Paris, mars 2014. Décisions: créer un réseau, son périmètre, ses outils.
L’association Réseau TO créée à Paris en 2016. 13 groupes fondateurs, gros ou petits.

Page 1: les fondateurs, Page 2: les groupes adhérents et en lien,
Page 3: les nouveaux groupes, les groupes hors hexagone.

Lire la suite

QUI REMPLACE QUI ? RTO 19

RTO 19 Rencontre du Réseau TO 06-07 avril 2024 à Montreuil (93)

QUI PEUT REMPLACER QUI DANS UN THEATRE FORUM ?

ANALYSE DE 4 SITUATIONS.


1) LE COMMANDITAIRE «je sais tout»OMNIPRESENT SUR SCENE

2) REFUSER UN REMPLACEMENT ? VIOLENCE SUR SCENE
3) QUI VEUT QUE LA SITUATION CHANGE ? QUI REMPLACER ?

4) QUI REMPLACE LA JEUNE FILLE VOILEE? ENJEU DE LA SCENE?

autres questions…

Lire la suite

RTO 19 av . 24 AG, décisions

rencontre du 06-07 avril 2024 à Montreuil (93)

Prochaine rencontre du réseau TO:
 Ce sera le week-end des 9 et 10 novembre 24,
prés de Toulouse. dans un lieu qui nous héberge et nous restaure !
Elle sera animée et préparée par l’équipe de TOT ,soutenue par Noémie nomiedumont@yahoo.fr (présidente) et Fabienne, (Naje). Il sera possible d’arriver le 8 au soitret de repartir le 11 novembre. Depuis Paris, le train de nuit arrive à 6h30 le matin à Toulouse !

Qui était là les 6/7 avril ? nouvelles des groupes, décisions,
 AG statutaire
Rencontre animée et préparée par : Noémie, Nicole, Audrey. Bonne ambiance comme toujours ! De nombreuses personnes nouvelles dont certaines venues de nouveaux groupes.
24 participant·es: 3 du groupe Naje: Fatima, Pierre, Fabienne, 3 du groupe Arlette Moreau (Poitiers) : Marie, Benjamin, Yoann, 4 de Côté Act: Anne, Marion, Mathilde, Antoine, 1 de La chahutte (Cluny) Marie,1 de Histoire d’en jouer (Mont de Marsan; Jérome, 2 de Meta-Morphoses, Jérôme, Chloé, 1 de T’OP! Jean-François, 2 de Et Toc ! Jean-François, Darline, 1 de Ficelle: Noémie, 1 de Misgriff: Nicole,3 de TOT (Toulouse): Kassia, Cathy, Agnès, 1du groupe Histoires r’eux histoires de nous (65) Audrey.1 du groupe Eclairage Public (Suisse romande) Sophie.

THEME DE LA RENCONTRE :
 Qui remplace qui en théâtre forum ? voir l’article séparé
JEUX ET EXERCICES : 8 jeux de cohésion, 3 jeux d’argumentation. Voir l’article séparé.

Lire la suite

10 ans de réseau TO : BILAN + passage de relai. JF Martel

Par Jean-François Martel  : 10 ANS DE RESEAU THEATRE DE L’OPPRIME

J’y ai pris beaucoup de plaisir. Maintenant je passe la main ! 
J’ai 76 ans. Depuis 10 ans, ma part dans les rencontres a bien diminué, je me réjouis de ces rencontres maintenant bien assumées collectivement. Je souhaite la même chose pour le travail moins visible: la mise à jour des listes, les inscriptions, les contacts, les CR, les rappels divers. Les coups de main restent très ponctuels jusque là.

1) Création et évolution du réseau  :
Presque 15 ans après la dispersion du CTO-A.Boal Paris, Le Potimarron a organisé (2012/13) le festival de Strasbourg. Naje, Top, Le Potimarron et d’autres y ont joué des TF et mené des ateliers. Fabienne, Marion, Jacqueline et moi, vite rejoints par d’autres se sont dit  « pourquoi pas continuer ? » L’appel de TOP «vers un réseau TO» donna lieu à une réunion à Lille au cours d’un stage international (2013), avec un texte-charte provisoire ; A la rencontre à Paris (mars 14) : texte adopté : le Réseau TO était né ! 2 ans après, statuts associatifs, compte en banque…

Depuis, 2 week-ends par an nous rassemblent (sauf covid).
 b) Mon rôle dans les instances du Réseau TO : président puis secrétaire, j’étais là pour tout ce qui n’était pas fait et que je pensais nécessaire. Organiser les rencontres (avant qu’elles ne soient régulièrement prises en charge par d’autres), en tenir l’ordre du jour, l’animation, le site, les CR, les mises à jour d’adresses, la liste de discussion, ACTU… Cette période est terminée pour moi. Je n’ai plus l’énergie, me sens fragile !
 c) taille et périmètre du Réseau TO  : Nous n’avons jamais voulu être une Fédération, ni un Super groupe de TO, mais un Réseau de groupes à égalité entre eux. + ou – 10 groupes en 2014, une trentaine en 2024, avec des implications différentes, et c’est sain, je pense.

Le réseau TO aurait-il un rôle de label, face à d’autres réseaux qui parlent de TF sans la philosophie du TO ? Dès le départ nous avons opté pour l’ouverture : la cooptation des groupes, basée sur la confiance et la connaissance mutuelle, plutôt que sur l’examen critique des pratiques de chacun. En 10 ans, un seul groupe a décidé de partir, d’autres se sont éloignés ou ont disparu. C’est la vie. Personne n’a été exclu et nous accueillons toujours de nouveaux contacts.

Les cotisations sont passées de responsabilités individuelles (péréquation des frais de trajets entre personnes présentes) à une cotisation des groupes adhérents qu’ils soient présents ou non aux rencontres. 


Nos 5 institutions : les Rencontres (déjà évoquées) les LISTES, la CARTE, ACTU, le SITE

2) La LISTE de diffusion-discussion : 180 adresses, la liste des groupes associés ou adhérents : une trentaine. Ce sont des instruments décentralisés : chaque abonné·e y a accès sans filtre pour échanger, demander avis et coups de main. Elles restent sous-utilisées.

3) La CARTE interactive est mise à jour régulièrement sur le site. Cela fait partie de notre VITRINE visible de l’extérieur. Elle est insuffisamment répertoriée par les moteurs de recherche, en partie faute de « back links » c’est-à-dire de liens sur les sites et les pages facebook des groupes.

4) ACTU, une lettre envoyée aux abonnées, paraît de manière aléatoire : c’est le regroupement d’infos brèves envoyées par les groupes qui n’ont pas de newsletter à envoyer directement à tout le monde.

5) LE SITE Les articles y sont mis en ligne après diffusion sur nos listes, relecture par leurs auteur·es, avec d’éventuels commentaires (commentaires sollicités aussi sur le site, mais sans succès). Il comprend des pages +ou – stables, des pages à mettre à jour. Je ne veux plus m’occuper de ces dernières.
Depuis 2 ans UN MOTEUR DE RECHERCHE permet de trouver plus facilement un article du site par titre ou contenu. Des progrès sont à faire pour que l’aspect « centre de ressources » fonctionne encore mieux.

6) Le Réseau TO comme instance collective (mais… nous ne sommes pas une Fédération.)
Les projets proposés au Réseau ont peu été suivis d’effets : ni grand projet (genre festival), ni projets plus simples : soutenir une grève par un spectacle, ( Rachel Kéké et les femmes de ménage de l’hôtel Accor d’Aubervillers), ni créer un TF anti-fasciste, soutenir Jana Sanskriti (en Inde après tempête et tsunami), ni signer le texte unitaire « Le jour d’après » en 2020.
Mais une action semble avoir été partiellement suivie d’effet : courriers et rencontres avec le CTO-Paris (à propos de leur manière de se présenter qui semblait s’attribuer le TO en exclusivité). Le réseau aussi organisé un grand stage avec Chen Alon (objecteur et Juif Pour La Paix) et sa collègue palestinienne Rima, lors de la sortie du film « entre les frontières » où Chen travaille avec des réfugiés.

7) Les visites de groupe à groupe :
Depuis plus de 40 ans, j’ai aimé voir les TF des autres, y emmener du monde, des participants de mes ateliers. J’y ai toujours appris quelque chose. Je tiens aux échanges mutuels, c’est ce qui fait sens pour moi dans le réseau. Ces pratiques différentes :  quelle richesse ! D’où mes actuelles «visites dans le réseau». On a pu parfois voir un TF ensemble à l’occasion d’une rencontre nationale, et c’était très enrichissant.

EN CONCLUSION : Je me réjouis de voir toutes les bonnes volontés prendre des initiatives ! Après joies (et peines) je ne vais plus m’occuper des pages mobiles du site, ni des CR, ni à terme des listes, d’actu, ni (encore moins !) des rappels. Suivant ce que le réseau décidera de garder, je reste tout à fait disponible pour expliquer, transmettre…

Amicalement. Jean-François Martel jf.martel@orange.fr 06 85 54 99 68

Rencontre N°17 du RTO, 1 et 2 avril 2023, Clermont-Ferrand.

Compte-rendu de la 17ème rencontre du Réseau TO Sam 1er et Dim. 2 avril 2023 à Clermont-Ferrand.

Samedi :
jeux proposés par Fatima et Joelle
Présentation de 4 nouveaux groupes
Discussion sur les modes de fonctionnement de différents groupes
Par l’Attelage : revisite théâtralisée de l’histoire du TO
Jeu proposé par Manon
Travail en forum sur nos difficultés d’animateurice ou de joker.e
Partages en sous groupes de 3 expériences:

– le festival de Jana-Sanskriti par Noémie,
– la rigolothérapie (JP Besnard et Aude)
– Un travail à Mayotte par Jérome
Puis Bilan et Spectacle clown de Ficelle et retours des spectateurs

Dimanche
-Jeu proposé par Bastien
-Assemblée générale statutaire, ,décisions concernant le site, prochaine rencontre du réseau.
-Deux groupes de travail:
1) Faire un atelier de TF en une heure
 ?
2)
Comment travailler en binôme quand on est en désaccord ?
Forum sur une scène du Potimarron, Annonces et bilan

Samedi 1er avril 2023
10h Ouverture par Fatima et Jeux de démarrage. Le premier animé par Joëlle :
Dire son nom et un mot qui commence par la même lettre et un geste. -Le deuxième animé par Fatima : Se poser sur une carte géographique.

    Les 30 présent.es, leurs 13 groupes, leurs régions :
    -Jean François, Darline, de Et Toc ! (Plateau de Millevaches)
    -Annie, Audrey (Tarbes, 65)
    -Jean-Mi, Jacqueline du Potimarron (Strasbourg) et Manon de Citar (Strasbourg)
    -Carine, Fatima, Pierre, Fabienne, Cathy de Naje
    -Jean-Pierre B , Caravane-Théâtre (Toulouse)
    -Delphine, Aude, Cie Si les Sardines (Loguivy-Plougras 22)
    -Cyprien et Frédérique, L’attelage (Lorient)
    -Joëlle de Brest
    -Anne, La Troupuscule, (Drôme)_
    -Jérome du collectif Méta-morphose (Lyon)
    -Pauline et Bastien De Arts Qi Med (Billom, 63)
    -Marline du groupe de Brioude (63)
    -Noémie, Alice, Pauline, Christelle, Catherine, Sébastien de Ficelle (Clermont)

    Puis Espace stop.

    Présentation de 4 nouveaux groupes :

    Le Potimarron passe ses activités à Citar (Manon et Robin).
    Citar
    ne fait pas que du forum. Manon est là depuis octobre. En études de socio médiation et criminologie pour être enseignante chercheuse aussi. Citar est composé de 3 permanentes. Travaillent en maison de retraite, font une comédie musicale avec une école, écrivent des textes, font de la marionnette…

    Annie et Audrey : travailleuses sociales du Conseil Départemental (Tarbes, 65).
    Elles ont le théâtre forum comme un outil du travail social. Groupe d’adultes chaque semaine pour spectacle en fin d’année et groupes d’ados deux jours pendant les vacances scolaires. Le TO est de plus en plus connu dans leur région mais elles ne peuvent pas aller travailler sur sollicitation de partenaires extérieurs au Conseil Départemental car elles ont la contrainte de travailler pour leur public cible donc les personnes en difficulté. Question posture, elles ont une double casquette : ce qui se dit dans les ateliers est secret sauf si information préoccupante.

    Marline de Brioude (63) : Projet sur la transmission agricole mené avec Ficelle. Maintenant deux scènes sur la transmission agricole. Actuellement sont sur un appel à projet pour travailler avec des personnes en isolement et précarité. Pour l’instant il y a un groupe Cada, un groupe paysannes, un groupe Secours Catholique, un groupe femmes subissant violences conjugales. Pour le moment iels est rattaché.es à un autre groupe et sont bénévoles mais vont réfléchir à ce qu’iels veut faire pour la suite (se structurer, trouver des financements)

    Arts qi med à Billom (63) : Pauline et Bastien. Se sont formé.es avec Cotéact « théâtre forum de la complexité ». Les personnes de Cotéact étaient au départ ingénieurs agronomes et ont commencé sur les relations enseignants-stagiaires et ont développé ensuite sur des thèmes beaucoup plus larges). Un  pôle création spectacles, ateliers et évènements. Th. forum en spectacles et ateliers en collèges lycées, école d’infirmière (gestion d’émotions, gestions situations complexes, équipe… ), école d’avocats, travail à l’année sur deux maisons d’enfants. Pratiquent plusieurs activités artistiques : du th-forum, du th-d’impro, du chant, de la danse. Se rencontrent une fois par mois en collectif associatif pour faire une création, la dernière : sur l’eau.. Tous les deux intermittents du spectacle, ils font leurs spectacle en établissements scolaires et ça marche très bien. Ils ont un spectacle sur l’environnement. Utilisent le parcours artistique pour faire par exemple un atelier de 2 X 5h. il y a aussi le pass culture qui fait des financements. Pauline dit que dans les ateliers d’une heure, tu peux balancer des choses. Elle a même fait des ateliers d’une demi-heure !

    Jean-Pierre Besnard, Caravane théâtre (Tlouse) . Travaille beaucoup à l’étranger. Travail sur le th. forum par internet avec des étudiants au Brésil. Des gens de différents pays sont venus via le net donner leurs idées d’intervention pendant des forums publics. Le joker demandait dans la salle si quelqu’un voulait bien venir jouer ces idées en scène.
    Jean Pierre pense que c’est l’outil à développer car les instits et profs peuvent s’en saisir juste avec un livre qu’il a fait qui donne le mode d’emploi et qui leur permet d’être autonomes. Mais Jean-Pierre dit qu’il ne comprend pas pourquoi ça n’a pas été plus repris. Aude essaie de mettre ça en place au Burkina.

    Jérome du collectif Méta-morphose à Lyon. Deux comédiens formés à NAJE ont décidé de s’unir pour monter quelque chose. Ont trouvé des sous et ont appelé MF Duflot puis Aude pour former le collectif. Une bonne partie des gens du collectif voudraient en vivre. Notre collectif fonctionne en horizontalité. Ce qui donne des longueurs pour prendre les décisions ensemble, mais apporte plein de richesses. Sont basés entre Lyon et St Etienne.

    Discussion sur nos modes de fonctionnement et les questions que cela pose : compagnies militantes et professionnelles, nos différents modes d’organisation…

    Anne Troupuscule : il y trois semaines, on a abordé ces questions. Qu’est-ce qu’on fait avec les bénévoles sur des projets où on rémunère les comédiens. On s’est dit qu’on porte la cie, c’est pourquoi on est justifiés à être payés, Il y a les comédiens qu’on paie parce qu’on a besoin d’eux et il y a des bénévoles avec qui on fait des créations sans rémunération des bénévoles.

    Anne : pour trouver un équilibre financier global, on a mis en place des outils pour regarder cela. On a mis en place une valorisation relation commanditaire pour celle ou celui qui fait le travail.

    Arts Qi Med. Bastien : Pauline et moi sommes intermittents et faisons vivre la structure. On a mis en place un volet associatif avec réunion une fois par mois. On ne devrait pas le porter, mais en fait c’est nous qui portons. Cela baisse. Si nous on propose une date les gens vont venir mais ils ne vont pas prendre en charge. On a l’idée d’aller vers un collectif de gestion, mais pour l’instant ils sont un peu éloignés de l’activité.
    Pauline : Moi ça me gêne qu’un bureau composé de gens extérieurs décide pour les comédiens qui ont monté et portent la compagnie.

    Méta-morphose
 Jérome : Notre modèle est social et solidaire. On paie tout pareil aux comédien.s mais on ne facture pas tout pareil. Nous, si on fait un truc militant, on est payé pareil. On a un salaire équivalent à 10% du contrat pour celui ou celle qui fait le travail de coordination sur une action.

    Et toc ! 
Jean François : On en discute en permanence, le fonctionnement est très collégial notamment deux jours de travail par mois ensemble. Pour l’instant on a choisi de n’être pas rémunérés personnellement, sauf exception, sur les actions qu’on mène. Ceci permet de ne pas sélectionner nos activités en fonction de l’argent qu’il y a pour les faire. Et aussi d’ouvrir la compagnie à de nouvelles arrivées (On a commencé à 6 ou 7. On est une quinzaine aujourd’hui.) L’argent qu’on a sert essentiellement à la formation. On jongle pas mal. On n’est pas tous impliqués pareil au même moment. Tout cela reste en débat et peut évoluer selon les besoins.

    Naje : 
avant on avait une organisation avec des comédien.nes fixes et toujours dispo. Là, ça change un peu. On fait entrer plusieurs comédien.nes… Comment on les paie pour se former, répéter, jouer… Notre chargée de production spectacle est intermittente du spectacle.

    L’attelage, Cyprien : on s’était dit qu’on travaillerait avec ceux qui n’ont pas d’argent aussi, mais on le fait très peu car on n’a pas tant d’avance de fric pour payer ce travail. On négocie les tarifs avec les commanditaires qui nous semblent intéressants.

    Citar: 
Manon : Je suis très seule. Ma Cie est plus une structure porteuse. Cela ne me satisfait pas. C’est lourd aussi de démarcher, négocier mes projets. Je dois jongler entre mes activités rémunératrices et non. Je vais devenir intermittente, ça va marcher. J’ai plein de cordes à mon arc pour créer avec mon co. Processus long mais en cours.

    Ficelle et Cie, Noémie : que l’action soit payée ou pas par le commanditaire, les comédiens sont payés pareil. Peu de plans bénévoles car on est peu sollicités par des associations militantes. Nous ne sommes pas repérés la-dessus sur le territoire. On varie nos tarifs en fonction des structures et de leur possibilités financières. Avant on avait plus de bénévoles et de gens en formation. Depuis 2 ou 3 ans il n’y en quasiment pas. Nous sommes deux à faire le travail administratif.
    On ne se réunit pas souvent entre les comédien.nes, on parle avec ceux et celles qui sont là en répétition. Il y a aussi le CA qui fait son travail. Si on sollicite des comédiens ou des bénévoles c’est pour une action complète et l’engagement vaut sur la durée de l’action.

    Questions sur le régime des salariés 
    Si les sardines, Aude : Intermittents et régime général. On a pensé longtemps qu’il fallait une personne en régime général pour les ateliers et formations. On fait autrement maintenant.
(à naje : la chargée de production spectacle est intermittente du spectacle).

    Jérome (Méta-morphose): une moitié d’entre nous est en régime général. Notre collectif ne gère pas les paie mais fonctionne par factures. Les intermittents ont charge d’aller chercher une boite de prod qui gère pour eux et qui va nous facturer.

    Manon (Citar) : On a le droit de déclarer 70h d’atelier en intermittence. (Manon nous enverra le texte).

    Frédérique (L’attelage) : demande à Jérome s’il cotise pour sa retraite avec sa micro entreprise. Une mini débat s’ensuit sur les cotisations retraite des un.es et des autres.

    Pause déjeuner. Après midi : jeu dirigé par Manon

    Je suis…. parce que… Cela se fait en cercle avec une personne au milieu. 4 ou 5 personnes à tour de rôle disent à cette personne: « Tu es…X » Elle doit répondre « je suis…X. Parce que… « 

    Ex:  « Tu es Cléopâtre » et elle répond « je suis Cléopâtre parce que je suis allée en Egypte ».
    Au bout de 4 ou 5 « tu es » le 4e ou le 5e vient au milieu et on lui dit Tu es… etc. jusqu’à ce que tout le monde soit allé au milieu (on peut faire deux cercles si on est nombreux pour que tout le monde puisse passer au milieu).

    14H 30 : L’histoire du TO avec Cyprien et Fred. Ils ont décidé de faire une présentation théâtralisée pour faire comprendre ce qu’est le théâtre de l’Opprimé. Avant de réaliser cette présentation, dire au public qu’on va interpréter des rôles. 1ère partie présentation classique avec le rappel à Augusto Boal. Puis ensuite les paysans sont joués par les animateurs et le public réagit et participent aussi.
    Puis le récit continue. Ensuite, l’animatrice joue la femme trompée par son mari et qui le découvre en apprenant à lire. Nous Faisons participer le public sur les solutions possibles… jusqu’au moment où la femme monte sur scène ! Ensuite explication sur la naissance du théâtre forum.

    Retours du groupe :
    – Faire encore plus dans la partie théâtralisée et l’interaction avec le groupe.
    – L’alternance entre une partie théâtralisée et une partie narrative est intéressante car cela montre que la frontière entre le public et les acteurs est fine du moins dans le théâtre forum.
    L’histoire de la dame trompée qui dit son problème, la mise en scène et le forum, cela dit très bien ce que va être l’atelier.

      15h : Difficultés rencontrées au cours des ateliers. Recueil de situations :
      
-Un père qui dit pendant un atelier « hors de question que ma fille sorte »

      – Une femme victime de son mari qui boit et le groupe qui dit qu’elle doit accepter

      – Situation de harcèlement au travail et finalement la personne n’est pas soutenue

      – Atelier où des jeunes pensent que tout ça ne sert à rien et qui dénigrent tout

      – Dans une équipe à pb, l’équipe ne coopère pas pour trouver des solutions

      – Discriminations « mon fils s’il est pédé je le tue ».

      – Avec un groupe de jeunes, les encadrants qui interviennent mais n’apportent pas de solutions, au contraire qui pourrissent plus la situation.

      – Racisme structurel : en fin de TF sur le privilège blanc, intervention d’une chercheuse qui dit que tout ce qui est dit sur les blancs lui fait violence et une personne racisée fond en larmes.

      4 Histoires sont choisies :

      1 – La fille qui ne sortira pas

      2 – S’il est pédé je le tue

      3 – En spectacle sur le privilège blanc

      4 – Les encadrants qui pourrissent l’atelier

      1er groupe. La scène : « Oups ! des oppresseurs dans la salle !

      Accueil d’urgence et violences conjugales : Il s’agissait de mettre en scène un repas de famille où une fille ne peut pas sortir. Les participants à l’atelier disent que c’est normal à 16 ans, leur fille ne sort pas et une autre ajoute « mon fils OK mais ma fille non ». Comment soutenir l’animateur du stage ?

      Forum :
      -Demander pourquoi c’est un problème une fille qui sort et pas un garçon. Pourquoi plus de risque pour une fille, est-ce que ça ne vient pas justement du fait qu’on ne permet pas aux filles de sortir. Est ce que les femmes du groupe ont elles aussi peur de sortir le soir, est ce que cela n’est pas un pb ?… est ce que les pères sont ok pour que leurs filles soient en danger dans ce quartier ?

      -Faire exprimer l’avis de la fille.

      -Proposer un débat, ne pas faire la scène.

      -Jouer une scène mais ne pas jouer son propre personnage.

      -Dire qu’on voit les différentes opinions et que cette scène est très parlante pour les ados,on peut mettre en scène ce qui vous paraît injuste

      -Mettre en scène les différents opinions ceux qui sont d’accord pour ne pas faire sortir la fille ou ceux qui sont d’accord.

      2ème groupe. La scène : Une femme juive et blanche dans la salle dit à la fin du spectacle sur le privilège blanc : « c’était insupportable pour moi de ne pas pouvoir remplacer des personnes racisées, car je suis victime de racisme en tant que juive, et m’interdire cela c’est faire un déni d’humanité. On est des êtres humains donc on peut ressentir ce que ressentent les racisés.

      Une jeune femme noire (dans la salle) pleure. On lui tend le micro : « entendre dire que vous pouvez ressentir ce que nous ressentons, ça m’enlève l’espoir. Vous ne savez pas ce qu’on vit tous les jours nous. Ca s’arrêtera jamais en fait ».

      Forum: quelques propositions de réponses de joker.e :

      Sébastien : Notre Cie a fait le choix politique de proposer le forum comme ça. Je suis désolée si ça crée une frustration. Oui c’est frustrant. Mais c’est notre choix. D’autres personnes sont venues sur scène et il y a eu de belle idées.

      Marline : Au début du spectacle, la jokere dit que la personne qui a vécu cette histoire souhaite que ce soient des personnes noires comme elle, qui la remplacent parce que quand une personne blanche remplace une noire ça peut faire comme un conseil.

      Jérome : En guise de bilan mettez votre main sur une échelle de 1 à 3. Allez y.

      Après le spectacle elle va voir en privé la personne qui a baissé la main et tâche de parler avec elle.

      Jean François  : On a choisi de faire comme cela, mais on pourrait jouer aussi une oppression d’une autre catégorie de discrimination. Aujourd’hui nous nous sommes centrées sur une question particulière. On travaille pour vous aussi, même si vous n’avez pas pu intervenir.

      Jacqueline : vous avez vécu des situations de discrimination mais la situation est que Israël est un état d’apartheid. Tous les villages détruits, les enfants…

      Anne : J’entends que vous vous êtes sentie en empathie avec la personne et ça c’est un cadeau pour nous. Et je veux vous dire aussi que parfois on est des opprimés, parfois des oppresseurs, on vit des privilèges sans en avoir conscience. Parfois on passe du côté des oppresseurs sans se rendre compte. Sur cette thématique là, vous n’êtes pas opprimée. Votre peau est blanche, mais vous vivez d’autres oppressions.

      Aude : On est là pour s’entrainer. Vous ne prendrez jamais la place de la noire dans la réalité donc ici prenons les places qui sont les nôtres.

      Delphine : Moi qui ne suis pas juive, je ne pourrais pas non plus prendre votre place si on mettait votre situation en forum.

      3ème groupe : En collège, classe de 4ème, 2 animatrices sur la vie affective et sexuelle. Jeux « tabous ». On tire une carte au sort et on fait débat dessus. 1ère carte : LGBTQIA+. Un des jeunes dit : « si moi, j’ai un fils homo, je le tue ».

      Sébastien : Poser des questions : de quelle manière vous allez le tuer ? Quand vous allez vous en rendre compte, il sera grand, ça ne se voit pas à la naissance. Dans ce cas-là, il vaudrait mieux ne pas faire d’enfants, c’est dommage de tuer ses enfants…

      Ensuite, il en parle en privé avec l’éducateur ,lui demander pourquoi il-elle a fait ça. Il exprime qu’il l’a contredit devant les jeunes et que cela est un problème.

      Jean-Michel : D’accord, c’est bien, tu as un fils et tu es contente d’avoir tué ton fils. Est-ce que tu es heureuse d’avoir tué ton fils. Et ensuite, qu’est-ce qu’il se passe ? Que va dire son père ? Tu vas aller en prison, pendant 20 ans environ. Et en prison, certains ne vont pas supporter ton acte, donc toutes les femmes en prison vont te faire une vie de dingue et tu vas souffrir toute ta vie. Et à ce moment-là, tu vas réfléchir, si tu n’as pas réfléchi avant.

      Tu pourrais demander à ton fils s’il veut bien être tué par toi.

      Carine : Pour toi, quand on est parent, on a le droit de vie ou mort sur ses enfants ? Donc tes parents pourraient décider de ta vie, de ta vie amoureuse… Et si tu tombes amoureux d’une telle, tes parents pourront dire non… ?

      Bastien : Qu’est-ce que vous en pensez les autres de ce qui vient d’être dit ? De tuer son enfant ou de ne pas accepter un enfant homo ? En parlant de son point de vue à soi.

      Jacqueline : Je dirai au jeune « je voudrais te parler de ma propre expérience. Je trouve que les homos sont des amis merveilleux. J’ai beaucoup d’amis homos dont un que j’ai accompagné jusqu’au bout ».

      Fred : Est-ce que tu vas bien ? Tu as l’air tendu quand tu dis ça… Est-ce que vous savez pourquoi on est là aujourd’hui ? Est-ce que vous en parlez dans votre famille ? On est là parce que c’est dur d’en parler à l’extérieur, notamment à la maison… Qu’est-ce qu’ils vous disent vos parents par rapport à tout ça ? Pour certains, on peut en parler avec les parents, pour d’autres non. Certaines choses peuvent être choquants pour certains, et pas pour d’autres. Et on a toute sa vie pour changer d’avis. Je ne vais pas plus t’embêter parce que tu n’as pas d’enfants.

      Delphine : Qui connaît la définition de l’homophobie ? Puis relancer par le jeu de cartes.

      4ème scène : Mise en abîme. La scène :
      Une jeune fille parle de sa situation d’injustice dans la famille, sur la question du genre. L’éducateur du groupe joue le rôle du père. Mais il sort de son rôle à un moment pour dire : « on se monte la tête et il y a risque qu’on embrouille les jeunes avec tout ça. Si ça se trouve, sa mère, elle est contente avec tout ça. Moi ma femme c’est elle qui veut tout faire à la maison »… Et les jeunes écoutent l’éducateur. Le joker rappelle qu’on est en solidarité avec la jeune fille.

      Fatima : Discussion avec l’éducateur avant l’atelier. Qu’est-ce que tu as compris de ce qu’on allait faire ? Et je vais te préciser que c’est du théâtre de l’opprimé… On part de leurs histoires où ils sont opprimés, on va écouter leurs oppressions et travailler sur leurs oppressions. Essaye de ne pas les voir aujourd’hui comme des jeunes en CER. Je crains que tu amènes des choses qui ne font pas avancer la situation, arriver à se décaler. Pour moi, ce qui est important ce sont les jeunes. Je veux juste m’assurer que tu sois en capacité de rester dans le cadre, d’écouter et de ne pas intervenir.

      Bastien : Est-ce que tu souhaites participer ou bien est-ce que tu souhaites juste regarder ? Tu peux ne pas participer, juste regarder et juste intervenir en cas de problème. Si tu participes, on est au service des jeunes, donc pas sur notre point de vue perso. Je te propose que d’abord, tu me laisses intervenir et si tu sens que c’est à la limite et un peu chaud, alors, tu interviens.

      Christelle : Pendant la scène, reposer la situation. On s’intéresse là à la situation de cette jeune fille et on essaye de ne pas mettre ta propre vie au milieu. On essaye de comprendre et de jouer la situation de la jeune fille. Essayez de vous mettre dans les personnages. On essaye de jouer et ça va peut-être faire émerger quelque chose.

      Babass : On travaille l’histoire de la jeune fille et pas la tienne. Et elle, ça lui pose un problème. Donc reste dans ton rôle, tu as tous les arguments qu’il faut…

      Anne : Je rappelle 2 règles : Tout ce qui se dit ici, reste ici. Non Jugement. Et là, tu viens de juger, de parler de ta vie. C’est comme si tu disais, ton histoire elle ne vaut rien, c’est comme si tu remettais en question son histoire…

      Jean-Pierre : lui, propose à tous les membres du groupe, éducateur comme jeunes d’expérimenter pour de vrai de se mettre à la place de l’autre pour interpréter son personnage . Il valorise les capacités d’empathie de chacun.e pour y arriver. Il donne envie de faire cela.

      Noémie : En parler après l’intervention. Retour sur ses propos et nommer les positions de la compagnie.

      Pause de 10 mn, puis Temps de 20 mn en trois groupes parallèles pour 3 partages d’expériences :

         

          • T0 de Jana -Sanskriti par Noémie, prise de note par Fabienne.

          • La rigolothérapie par Jean-Pierre et Aude. Christelle prend les notes sur papier.

          • Jeunes à Mayotte par Jérome

        Groupe de TO Jana Sanskriti par Noémie

        Le groupe Jana Sanskriti fait du TO et a une organisation qui va au-delà. Sanjoy et Shima sont venus en Bretagne 4 jours/ Puis Annabelle et moi sommes parties en Inde pendant leur festival international. Là il y a une semaine de création collective avec tous les groupes puis une tournée dans les villages dans lesquels ils ont l’habitude de travailler.
        Sur les 4 jours en Bretagne, beaucoup d’utilisation de techniques introspectives et d’images pour créer les personnages. On commence par partir de 6 à 8 images pour créer le spectacle et ensuite Sanjoy propose à deux personnes du groupe de faire les dialogues en direct. Ensuite on arrête la scène et on fait l’image analytique sur le personnage opprimé et des images de quelle pourrait être sa réction. On met en corps les personnages, les images sont très visuelles, esthétiques d’autant plus qu’ils rajoutent danse et chants. C ‘est très beau.

        Sur le festival : pas mal d’occidentaux qui paient tous-tes le même prix (500 €) donc il n’y a pratiquement que des blancs qui peuvent payer ce prix. La deuxième semaine on tourne dans les villages où il y a d’autres activités du fonctionnement collectif qui a été mis en place. Il y a des terres qui appartiennent à Jana Sanskriti sur lesquelles travaillent des paysans. Les gens des villages montent des théâtre forum toute l’année mais aussi des groupes de parole ou d’action.

        Quand on arrive au village, c’est une fête, chacun va pouvoir montrer ce qu’il sait faire (par exemple jonglerie ou autres activités genre mime danse…. Très riche.

        Pour Jana Sanskriti c’est aussi la semaine de présentation du spectacle de l’année en l’occurrence un spectacle créé avec un groupe de personnes en handicap qui jouent une légende. On y voit aussi d’autres spectacles de Jana Sanskriti.

        Autre spécificité dans leur mise en scène en plus des chants danses, c’est qu’ils utilisent un travail de chœur (deux chœurs dont un pour l’opprimée et l’autre pour l’oppresseur) et les chœur socialisent, élargissent la question, interviennent… Sinon restent en image, donc très esthétique. Par ailleurs les gens qui montent sur scène y restent après leur intervention jusqu’à la fin du spectacle ! Parfois ils ré-interviennent pour aider la personne du public. Ca fait parfois un peu brouillon mais bon, c’est autre chose.

        Ils jouent leur forum plusieurs fois dans le même village pour que les choses maturent et que le village arrive progressivement à des pistes politiques.

        Rigolothérapie par Jean Pierre et Aude.

        C’est une TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale inspirée de la R7N) créée avec 7 personnalités à repérer, pour se comprendre dans notre diversité. C’est un jeu de cartes.

        Ils ont fait cela avec des enfants à partir d’une scène de th forum, utilisent les cartes le théâtre de l’opprimé et le clown (les personnages chapeautés sont en clown)

        Voici les 7 personnages représentés par 7 chapeaux, on les offrira aux personnages opprimés comme des forces qu’il ou elle a en lui-elle et qu’on lui permet de renforcer en improvisant la situation avec la consigne du chapeau :

            • Volcano : impulsif, se met en colère

            • Diabolo l’ego : il a l’égo qui déborde, toujours fier de lui

            • Perfecto : il sait tout, fait tout bien

            • Action : toujours prêt à foncer

            • Amour : il a toujours de l’amour à donner

            • Carpeto : il ne sait pas choisir, ne sait pas dire non

            • Panico : il a toujours peur

          On peut analyser les scènes de notre passé avec la grille des chapeaux pour revisiter l’histoire un peu comme on le fait avec l’image analytique. En forum le public aidait les enfants en leur mettant un chapeau et après l’enfant improvisait avec ce chapeau.

          Jeunes à Mayotte par Jérome.

          Expérience de 2022 avec la fondation « Les apprentis d’Auteuil ». deux semaines : une semaine en formation d’animateurs et une autre semaine pour suivre les animateurs dans leurs ateliers de TO avec jeunes. Echange multiculturel et échanges avec les jeunes. Le projet était animé par deux hommes blancs qui ont travaillé beaucoup sur leur posture.

          Bilan de la journée
          – Bon timing

          – J’ai besoin d’être dehors, donc là enfermée… Mais des trucs se sont dégagés dans ma tête. Le côté boite noire sans lumière du jour me pèse.

          – C’est bon de pouvoir se nourrir de comment chacun fait dans son asso

          – Très bonne journée, découvrir des nouvelles personnes et revoir celles que je connais. Mais j’ai eu froid.

          – Trop contente. Ca me fait du bien au moral et à la motivation. Il y a eu des solutions a des problèmes que j’ai pas encore eus.

          – Petit débordement de tendresse. Ca me fait ça quand on se retrouve.

          – Ce matin avec les jeux, je me suis dit qu’on est horrible comme groupe à parler tout le temps, à ne pas écouter les consignes. Peut-être faudrait un temps pour échanger comme ça avant de commencer, sans consignes.

          – Manque aussi un porteur de temps, un ramasseur de brebis…

          Le matin, vous pouvez venir une demi-heure avant le début soit à 9h car le démarrage du travail est à 9h30.

          -le Réseau TO est un monde parallèle qui fait du bien et permet d’avoir des idées pour se sortir des ornières, de parler de son travail avec les collègues.

          18h30 spectacle en cours de travail de Ficelle

          Retours sur le vif

          Repas pris en commun

          Dimanche 2 avril 2023
          9h30 : Fatima nous présente le programme de la journéeJeu animé par Noémie qui l’a appris en Inde.
          Deux par deux. Chacun fait un chant d’oiseau, l’apprend à l’autre. Le duo se sépare et chacun marche en aveugle. Puis les duos doivent se reconstituer c’est à dire se retrouver.

          Mini comptes-rendus en grand groupe des trois ateliers d’hier. (Voir plus haut)

          Réflexions sur Le site du Réseau
          On va sur le site du RTO, pour chercher un contact, une info, pour consulter les nouveaux jeux, ou pour donner un lien aux personnes qui demandent des (in) formations…
          Les nouveaux groupes ici présents ne savaient pas que le site existait.
          Ce site est un gros travail (surtout pour JF) Il s’agit de dire de quoi on a besoin :

          Une vitrine ou un espace de ressources internes ?

          En interne c’est utile d’avoir les infos et les documents. Pour les échanges entre nous, on a aussi la liste qui ne demande aucun travail et qui fonctionne bien selon ceux et celles qui l’ont utilisée pour poser des questions car iels ont eu des retours.

          En externe, le site est peu visité, en partie parce que il est mal référencé. (Nos commanditaires, eux, connaissent déjà les compagnies locales et n’ont pas besoin du site du réseau). Les contenus éphémères comme les agendas des cies sont-ils si utiles, par rapport à l’énergie et au temps pour les tenir à jour ?
          La carte interactive et les présentations des compagnies avec leurs liens peuvent suffire ?

          Certains abordent la question des réseaux sociaux car « les gens ne suivent plus que cela ».

          Nous retenons que nous avons toustes nos sites sur lesquels il y a les infos et que le site du réseau renvoie déjà à nos sites.

          Décisions concernant le site :

          -1) Pas de réseaux sociaux

          -2) arrêter le calendrier des dates des cies, chronophage.

          -3) garder l’espace privé entre nous : archives, jeux, CR des rencontres… Cela semble à toustes très important.

          -4) garder la carte interactive, les contacts et présentations des groupes du réseau.

          -5) Annoncer sur le site que pour avoir des dates des spectacles et stages des compagnies, il faut aller sur les sites de chaque groupe.

          Pour augmenter la visibilité du site:  :

                • chacun.e d’entre nous met le site du réseau TO en page d’accueil (de son ordi perso) pour que ça fasse des visites, ça augmente beaucoup le nombre de visites donc la visibilité du site sur les moteurs de recherche.

              -chacun.e d’entre nous met mention du réseau dans sa signature.

              La newsletter ACTU du Réseau):

              -Garder ce format avec le graphisme actuel qui est chouette. Contenus : le Compte rendu des rencontres soit deux newsletters par an plus les invitations aux prochaines rencontres.
              -Cesser d’y donner les nouvelles des cies.
              – A chacun d’utiliser la liste réseau pour faire passer de ses nouvelles.

              Assemblée générale statutaire
              Composition du bureau actuel (4 personnes de 3 groupes, conforme aux statuts) Delphine et Annabelle trésorières, JF secrétaire, Noémie présidente.

              Bureau depuis l’AG de ce jour : Delphine et Annabelle en trésorières, JF et Cyprien comme secrétaires et Noémie présidente. 5 Personnes de 4 groupes).
              Marline et Pierre les soutiendront.
              La composition du bureau est votée à l’unanimité. 16 groupes adhérents et 10 groupes associés, 16 droits de vote, le quorum est à 9 ce qui est le cas.

              Rapport moral

              Les activités passées :

              Deux rencontres par an. Dans les deux dernières rencontres on a demandé à des « experts » de venir ; cette fois Rojzman (Institut de Thérapie Sociale) devait intervenir. Continue t-on avec un intervenant.e chaque rencontre ? La réponse est plutôt « oui, sauf si »… C’est un plus, pas une obligation.
              -Analyses de la pratique professionnelle en visio conf, tous les deux mois pendant deux ans puis cela s’est arrêté.
              -Deux labos sur les techniques introspectives en spectacle et un stage avec Jana Sanskriti portés par les Sardines. Mariage de l’Envol et de la Troupuscule

              Rapport financier :
              Cotisation de 300 euros, plus ou moins selon les groupes. 100 % des recettes sont les cotisations d’adhésion (et quelques dons). La plus grande partie des dépenses sont les remboursements trajets pour venir aux rencontres, la locatiion des salles, 15% des frais pour le site. Un peu de frais bancaires…
              On a eu plus de dépenses (2600€) que de recettes (2000€) cette année mais on avait de la trésorerie des années précédentes.

              Discussion sur les cotisations pour l’année 2023 :
              -Fabienne propose qu’on fixe un chiffre en % de notre chiffre d’affaires genre : 0,2%
              -Les problèmes pour récupérer les cotisations : Delphine propose qu’on paie notre cotisation en début d’année, et là aujourd’hui ici même pour l’année 2023.
              -Question : différence entre adhérent et membre associé. Nous renvoyons à la charte et aux statuts.

              Cotisations : nous décidons que les associés feront des dons libres au réseau.

              Nous décidons de ne pas passer plus de temps sur ces points là car c’est aride, et ça enlève l’enthousiasme. Nous votons à l’unanimité absolue : le bilan moral, le bilan financier ainsi que la reconduction du bureau avec rajout de Cyprien comme co-secretaire.

              Reconduction des séances d’analyse de la pratique en visio-conférence : 6 personnes sont intéressées. Marline se charge de proposer une prochaine date. Prochaine rencontre : date ?  lieu ?  qui se charge du programme ?

              14 15 oct : 6 pers peuvent. 21 22 oct : 6 pers peuvent. 28 29 oct : 10 peuvent. 4 et 5 nov : 8 pers peuvent. 11 12 nov : 13 pers peuvent.

              Date retenue : 11 et 12 nov. A la Convergence des Loutres, Loguivy-Plougras. On reverra ensemble la question des paiements des repas.

              Equipe organisatrice : Frédérique(L’attelage), Aude (Si les sardines) et Joelle (ancienne de Brest.

              Quelques propositions pour la thématique de cette rencontre, sachant que nous laissons le choix aux trois organisatrices :

              – Quand on est dominant quelle posture prendre pour aller travailler ?

              – Quand il n’y a pas opprimé X oppresseur (par ex parents – ados ? ou santé mentale ?
              – Le clown

              – L’isolement

              – Le pouvoir du peuple, ce qu’est la démocratie,
              – le contrat républicain et la normalisation des associations,

              – Les violences policières,

              – La santé, l’accès aux soins 

              – Le travail sur le consentement

              – Ecologie et environnement où l’oppresseur est plutôt « le système capitaliste »

              – Le travail en Education nationale

              Pause déjeuner, puis jeu proposé par Bastien :
              Au milieu du cercle, l’un.e mime une action. Un autre rentre et lui demande ce qu’iel fait. Iel répond tout à fait autre chose. Celui ou celle qui est entrée mime ce qui vient d’être dit et ainsi de suite. Bastien nous alerte sur le fait que c’est important de ne pas prévoir ce qu’on va dire.

              Deux groupes de travail en parallèle :

              – L’atelier de TF en une heure !

              – Comment travailler en binôme quand on est en désaccord

              Comment travailler en binôme quand on est en désaccord (notes de Marline)
              Joelle : Nous avions un atelier avec des détenus pour violences faites aux femme. Atelier d’une semaine dans une maison d’arrêt de Brest. 4 animatrices féministes bénévoles de l’association. Le 1er jour tout va bien, le 2eme on se met au travail avec dynamisme, mais une des 4 animatrices est découragée par la pression carcérale. 3ème jours ambiance difficile, la découragée exprime son mal être (se met à part pendant l’atelier, dit en debrief « ça ne sert à rien », elle n’y croit plus) Les autres animatrices ne savent pas quoi faire… Elles lui parlent, mais celle-ci reste bloquée dans sa lassitude. Il n’est pas nécessaire qu’elle soit là, mais elle continue à venir, en se positionnant en neutre (ni animatrice ni participante).
              La mission a pourtant été menée jusqu’au bout avec succès. Une analyse de pratique a été faite a posteriori, qui a révélé un écart de motivation par rapport au sujet. Notamment cette personne a trouvé que les autres sont (trop) en empathie avec les détenus…

              Annie : Une collègue du Conseil Départementale perçoit le TO comme une obligation et n’est donc plus motivée, elle casse la dynamique du groupe en exprimant son ras de bol et pour autant elle ne veut pas lâcher, alors qu’il lui a clairement été dit qu’il n’y avait aucune obligation à ce qu’elle soit là.

              Fatima : C’est OK pendant la préparation, mais lors de la mise en œuvre il y a des dissentions. Du coup le groupe de l’atelier devient moins motivé, ça devient difficile de raccrocher tout le monde. Quand on ne propose que des jeux, ça passe, mais quand on veut aller vers des récits, des témoignages, ça bloque.

              Pierre évoque un atelier sur la peine de mort avec la LDH qui est contre, et vite des désaccords sur le fond émergent dans l’atelier.

              Des pistes :
              – Proposer de ne plus venir, de sortir.
              – Echange (en équipe) sur les ressentis, les impacts sur les collègues
              – Partager clairement les taches et s’assurer que tout le monde se sent bien dans sa mission
              – Mettre en débat lors de l’atelier avec les participant.e.s : assumer le désaccord.
              – Détecter le besoin d’être reconnu, le malaise, le faire s’exprimer
              – Oser demander de sortir à la personne si elle ne propose aucune solution et n’accepte pas de changer : « tu n’es plus à ta place » et « on ne veut pas te mettre en souffrance ».
              – Communication non violente : réfléchir sur ses propres besoins pendant un temps.
              – Sécurité en prison : bip pour se faire aider si besoin, MAIS PAS de référent.e carcéral.e avec les intervenantes.

              Conclusion :

              Donner un message clair aux collègues

              Définir clairement la facette de nous que l’on apporte dans les ateliers : militant ou animateur d’un atelier, ou membre participant avec son point de vue….

              Atelier Théâtre forum en 1 heure (notes de Aude)

              Jacqueline : avec un groupe de 12, je fais les connexions dans l’espace stop, puis par 6 (émergence d’une situation dans chaque demi-groupe, mise en scène et Forum. Le plus court que j’ai fait, c’est produire en une journée. Point de vigilance : si j’ai 2 groupes, que faire du deuxième groupe pendant la création.

              Pauline : Idée du marathon, si 30 élèves, choix d’une scène sur les 5 ou 6 peoposées, pour en faire un forum.

              Noémie : souvent, en 1h30, on essaie quand même de présenter toutes les scènes et de faire mini-forum + recherche de nouvelles propositions, stratégies pas vues encore.

              Bastien : On fait les propositions à l’oral si on n’a plus le temps.

              Fred : comment faire pour expliquer aux commanditaires que l’on ne veut pas faire du théâtre forum en 1h ? Nous, le seul truc que l’on a fait en 1h c’est du théâtre-image.

              Jérôme : ça dépend ce que l’on a envie de faire. Si on a une thématique, on peut arriver avec une image ou un forum préconstruit.

              Aude : en une heure, je fais un jeu, une image préconstruite pour les initier et ensuite image à 4 ou 5. Je leur dis qu’ils peuvent les joker entre eux.

              Jean-François : C’est un problème si on n’a pas le temps de faire forum sur les situations amenées par les participantes.

              Fabienne : chez nous quand c’est une heure, c’est un spectacle… Sinon c’est une séance de théâtre-images sans trop les impliquer perso.

              Bastien : dans l’animation, se dire que l’on n’arrivera pas à l’objectif en 1h pour encourager les encadrants à trouver plus de temps pour aller plus loin.

              Noémie : finalement, on n’a pas trop de demandes d’1h d’intervention. Une fois, on nous l’a demandé : on n’a pas fait payer, on a raconté l’histoire du TO et fait un petit forum.

              Bastien : sur 1h, je le pratique cette année dans une maison d’enfant mais c’est une fois par mois. Pour le vivre, on se mobilise 1h à fond le mercredi qui est déjà bien surchargé. En 2h, est-ce que je ne les perds pas un peu.

              Fabienne : 1h « one shot » est différent d’un atelier régulier.

              Jean-François : le minimum à nous c’est 2h.

              Aude : Comment on fait pour transmettre cela aux enseignants pour qu’il puissent le faire ?

              Jérôme : je ne suis pas tranquille avec le fait de venir avec une scène déjà construite et faire forum.

              Pauline : point de vigilance avec personnes pas formées sur la question.

              Cyprien : on leur demande de faire des images par rapport à un sujet et ils improvisent dessus pour montrer le problème.

              Darline : par rapport à la proposition de Jacqueline, je propose que les intervenants jouent la scène

              Audrey : si on intervient dans un établissement scolaire, comment être garante de la confidentialité

              Pauline : quels impacts réels cela va-t-il avoir ? Se questionner sur « pourquoi le faire.

              Carine : cela me parait pas possible de le faire en 1 heure.

              Synthèse : protection de la confidentialité et ne pas proposer en 1h d’aller vers une création perso. Essayer de négocier plus de temps avec les commanditaires.

              Forum sur une scène du Potimarron

              La scène a été montée avec une asso d’origine turque, qui a un poste de salarié qui aide les réfugiés ou les sans-papiers à trouver un emploi. La scène : des ouvriers Afghans demandent à la salariée de l’asso de pouvoir faire les vendanges, celle-ci appelle Pôle emploi. Pôle-emploi : « Je vous propose des viticulteurs proches de gares, appelez les ». La salariée appelle un viticulteur. Il dit qu’il a des postes, et du mal à trouver des vendangeurs, mais quand il comprend que ce sont des réfugiés, il ne veut plus en entendre parler, il veut des locaux.La salariée se demande ce qu’elle peut faire.

              Forum :
              Aude tente : elle dit que ces gens habitent Strasbourg (donc sont alsaciens). Mais le viticulteur se doute de quelque chose et demande s’ils parlent alsacien.

              Christelle : elle se présente en disant qu’elle travaille pour une asso qui aide les réfugiés et lui propose de faire un partenariat avec son association. Puis elle coupe la communication. Elle explique aux Afghans qu’elle leur dira ensuite ce qu’il sortira des négociations.

              Jean-Pierre : dit au viticulteur qu’il sait qu’il manque de personnel et qu’il est connu dans la région. Pôle-emploi les a appelés disant qu’ils ne trouvent personne pour ses vendanges. Il dit que lui a trouvé des gens, sont sérieux et qu’il a trois personnes super pour lui.

              Darline : dit qu’elle a eu ses coordonnées par Pôle-emploi car elle est travailleuse sociale et que Pôle-emploi lui a dit qu’il a des postes vacants et qu’elle a trois personnes qui ont déjà travaillé dans des vignes. Le viticulteur dit qu’il va les rencontrer et voir. Du coup la rencontre se fait.

              Christelle (depuis la salle) fait une remarque : moi comme travailleur social, je ne mets pas le haut parleur parce que je veux protéger les afghans. Je sais que je ne changerai pas l’oppresseur.

              Annie : dit que ces personnes sont compétentes et que vous cherchez justement des personnes compétentes ! Elles ont fait des vendanges en Languedoc. Le viticulteur : « OK je les prends alors ».

              Pauline : Vous n’avez pas à connaître leur nationalité car c’est illégal, c’est de la discrimination et je dois le signaler à Pôle emploi.

              Retours sous la forme de «Je critique je propose »

              – Le Modèle est très clair

              – Proposition de faire une présentation des trois Afghans pour qu’ils aient une humanité et une personnalité chacun.e

              – Proposition que les Afghans soient en devant de scène et pas derrière. L’A.S. et le patron parlent derrière, nous, spectateurs on reçoit ainsi directement l’émotion des Afghans.

              Les annonces  publicitaires :

              – Laboratoire : 8 au 11 juin techniques introspectives en Bretagne avec l’arc en ciel du désir. Il reste des places.
              – Ficelle : avec Chamboule tout et Pas a passo d’Amiens on veut faire un stage de théâtre journal, date encore en suspens.

              – Jean-François : Plusieurs Cies proposent des formations, aller se former ailleurs fait vraiment réseau.

              Bilan du week-end:

              Manon : Merci ça me fait beaucoup de bien. Ca me donne plein d’idées

              Fabienne : je pars avec les ateliers de 1h.

              Fabienne : je ne sais si le réseau est le lieu de s’auto former sur le travail de l’oppresseur

              Jacqueline : je trouvais dur de loger chez l’habitant mais Thierry et Marie ont été super. Vraie rencontre.

              Aude : On pourrait théâtraliser un peu notre AG pour qu’elle soit plus intéressante.

              Jacqueline : mais j’ai jamais vu une AG aussi courte !

              Audrey, ravie : j’espère pouvoir revenir. Frustration car trop court pour creuser davantage même si je suis fatiguée.

              Carine : ravie de faire votre connaissance. 2 jours très intéressants. Bien aimé les forums sur nos difficultés d’animateurs ou jokers avec des interventions d’un haut niveau.

              Fred : Adoré commencer le week-end par le spectacle de naje à Lyon. « Road trip » en auvergne.

              Joelle : merci à toustes.

              Pauline : super week-end. Je suis au début de mon chemin en TF. Les échanges étaient très constructifs. Mais, plonger dans une AG quand on arrive…

              Marline : Vous vous posez vous aussi les questions que je me pose. Ca me fait peur et aussi me réconforte.

              Jean-Francois : réjoui. Merci à l’équipe de préparation. Je fais de la pub au sein de mon groupe pour venir aux rencontres du réseau.

              Jérome : je ne connaissais que Aude et Fabienne. Ca m’a donné l’envie d’en parler à mon collectif.

              Delphine :N’oubliez pas : delphi.dupin@free.fr pour les cotisations. Et merci car je repars avec plus d’énergie.

              Noémie : très bon week-end. Le faire à Clermont a permis que plus de personnes de Ficelle participent. Un peu frustrée qu’on n’ai pas pu plus creuser certains sujets.

              Jean-Pierre : ça m’a posé des questions que je ne m’étais pas posées auparavant. Frustré qu’on ait peu parlé du web forum et du th. forum à l’école.

              Bastien : chouette de rencontrer cette diversité. Il y en partout. Ca donne envie de gratter, de découvrir…

              Cyprien : le réseau est vivant, on peut ainsi passer de bons moments. Merci aux organisatrices. Cool que des anciennes troupes soient toujours motivées à venir. C’est cool aussi quand on n’a pas d’intervenant extérieur. C’est pas forcément nécessaire.

              Pauline : cool de vous rencontrer. Cool qu’on vienne aussi vous voir.

              Cathy : Très contente de participer et de me dire que quelqu’un a organisé ça sur Clermont alors que je connaissais pas les troupes à côté de chez moi. Des groupes de Billom, Brioude sont venus qui ne seraient pas venus ailleurs peut-être. Et j’ai bien aimé les clowns.

              Clôture de séance. Fatima pleure de joie, on se fait des bises, on se redit deux à deux comme on a été content.es de se voir… On se dit à bientôt…

              Notes prises et rassemblées par Fabienne Brugel, d’abord envoyées à tous les présent·es puis mises en forme et relues par JF Martel. Les commentaires et les questions sont les bienvenues ! Les éventuelles corrections aussi. jf.martel@orange.fr

              Une page commentaire est présente aprés chaque article du site. Voir ci-dessous les commentaires des deux co-secrétaires.

               

              Rencontre N°16. Par Julian Boal: L’Ecole de Théâtre Populaire à Rio. « Les personnages scindés »

              Rencontres N°16 du RTO: journée du samedi 12 novembre 2022

              1) Julian Boal  nous présente l’Ecole du théâtre populaire (ETP) de Rio de Janeiro
              Histoire de l’l’Escola de Teatro Popular (ETP).

              Le mouvement des “travailleurs sans terre” avait organisé un festival d’art de gauche, et avait demandé à Julian d’être le curateur pour l’aile Théâtre de l’Opprimé. Julian a fait venir différents groupes, qu’il connaissait et qu’il ne connaissait pas, notamment l’école de théâtre politique de Buenos Aires, qui les a beaucoup inspirés. C’est un mouvement qui promeut l’autogestion des populations, et amène un écosystème d’espaces pré-figuratifs qui montre une sociabilité autre. Par exemple une école où les parents participent complètement à l’organisation mais aussi à la gestion des locaux, la propreté etc.

              Cette école de théâtre politique a été une inspiration pour l’ETP, mais iels ont fait le choix de s’adresser à des militant·es et pas à la classe moyenne : les mouvements de jeunesse anticapitalistes et mouvements d’occupation rurale ou urbaine (type ZAD). Iels donnent des cours de TO et des cours de théâtre épique.

              La question de l’esthétique s’est posée dans ces mouvements sociaux : l’ esthétique était très positive, très héroïcisante… Une rencontre avec une autre compagnie qui montrait la réalité des choses plutôt que montrer des symboles positifs inspirants, a donné envie d’une esthétique “plus négative”.
              En mars 2018 : assassinat de Marielle Franco, conseillère municipale à Rio. Cet événement a été le signe que tout le monde pouvait mourir. Suite te à ça, l’ETP a voulu devenir une école militante : manifestations à la suite de l’assassinat de Marielle Franco, et scènes jouées autour de ces manifestations pour parler avec les gens qui n’étaient pas dans les manifs, essayer de vaincre la peur et reprendre la rue, convaincre les gens qu’une bonne rage c’est une rage organisée.
              Malgré tout ça, Bolsonaro a gagné la même année. Nous avions besoin d’être plus fort·es et plus organisé·es : envie d’être une école-réseau d’ateliers de théâtre, tous faits en collaboration avec des mouvements sociaux.
              Certains mouvements sociaux organisent des écoles « pré -bac”. Mais la durée, le programme de ces écoles restent déterminés par le calendrier et les sujets imposés par l’État. Pour notre théâtre, iels pouvaient choisir des sujets différents, pas de critère de matière scolaire. De plus, le théâtre organise les gens dans leur quartier directement.
              A ce moment, l’école commence à être beaucoup plus grande (plus de 60 personnes), et propose des formations anti-capitalistes, féministes, etc. Elle commence à être financée par deux député.es. Et là, la crise sanitaire arrive : l’ETP est obligée de s’organiser autrement, c’est difficile pour des questions financières, d’espaces disponibles, ,etc. L’ETP devient plus académique (beaucoup d’étudiant·es) et se “blanchit” un peu. Au bout d’un certain temps, il y a eu une fatigue d’internet et du fonctionnement covid. Enfin, les vaccins arrivent : petit espoir.
              Pendant la pandémie nous avons fait des distributions de carnets de poésies avec les paniers alimentaires.
              Mais l’ETP n’avait pas vu la transformation de Rio post-pandémie : d’un côté l’ETP arrive à grandir (8 groupes au lieu de 4) mais des groupes très faibles (3 à 5 personnes par groupe, au lieu de 10 ou 12).
              De plus, il y a des gens pro Bolsonaro dans les groupes ! Certes, un objectif était de sortir de l’entre soi de gauche ! Mais là, c’est devenu difficile de se parler. La vie des gens est aussi complètement différente d’avant la pandémie : par exemple des lycéen·es cherchent beaucoup moins à rentrer en fac… parce qu’il n’y a plus d’argent. Il y a maintenant beaucoup de décrochage scolaire pour raisons financières.
              La question qui se pose alors : comment parler aux gens qui ne vont plus dans les structures où iels se rencontraient avant ?
              Remarque sur les fake news. Les personnes y croient parce que :
              1) leur vie est déjà absurde donc les fake news sont moins choquantes pour elles
              2) c’est confortable, et plus facile de suivre une structure qui répond à tes besoins, et prônent solidarité et sociabilité : et là, les églises évangéliques sont très fortes.

              Il nous faut donc nous aussi créer des mouvements de solidarité : la sociabilisation via les représentations de théâtre.

              2) LES PERSONNAGES SCINDES : Julian nous propose d’explorer ce concept. Pour cela, voici des exercices 2 par 2, en mode foire. (c’est-à-dire que tout le grand groupe travaille simultanément).

              Le Samouraï.
              Duel (sans parole) de deux samouraïs : chacun est terrifié par l’autre et pense que l’autre est plus fort, mais chacun veut combattre.

              Attirance et peur.
              Un couple d’adolescent·es du même genre s’aime mais aucun·e ne s’est révélé·e à l’autre. Iels ont peur de se montrer et en même temps sont très attiré·es par l’autre.

              Avec quelqu’un qu’on déteste, convaincre un auditoire.
              Peu importe le thème, on doit convaincre un public (fictif) aux côtés de quelqu’un qu’on ne supporte pas. Les deux personnes se coupent la parole, essaient de reprendre le focus, mais en tentant de ne pas montrer leur antagonisme au public.

              Garder bonne figure.
              Couple séparé depuis 3 semaines, resté en couple pendant 4 ans. Une personne n’en pouvait plus, elle est partie. L’autre personne est extrêmement malheureuse, ne dort plus etc. C’est la première fois que le couple se revoit. La personne malheureuse ne veut rien montrer de sa souffrance. L’autre personne n’a ni angoisse, ni volonté de contredire, elle est juste tranquille, « gentille ».
              Dans cette improvisation, on utilise un objet important (ou qui le fut) : des clés, une lettre, un bibelot, peu importe. A un moment donné, par hasard, ils entendent… “leur” musique ! Celle qu’ils ont tant écoutée ensemble ! La personne malheureuse s’en rend compte, l’autre pas du tout.

              L’employé des pompes funèbres.
              Il est en totale empathie avec une personne qui pleure son grand-père devant le cercueil, et qui réagit de manière très extravertie, avec cris et pleurs. Mais par sa fonction, il doit le faire « dégager » sans tarder car un autre corps arrive !

              Un·e ado annonce son homosexualité à un de ses parents.
              L
              e parent lui répond en apparence en acceptant, mais au fond de sa pensée et de ses convictions (et donc dans son discours) il est totalement homophobe.

              COMMENTAIRES : Les contradictions ont toujours été utilisées pour construire des histoires. Pour Brecht : l’acteur qui incarne un personnage ivre ne joue pas l’ivresse mais la tentative de cacher l’ivresse. On peut voir dans “Ventres glacés” de Brecht une séquence (du film) qui montre bien la contradiction du personnage.

              Un exemple clair de personnage scindé.
              Dans“mère courage” de Brecht, cette mère de trois enfants, pour survivre et leur donner à manger, profite du marché désorganisé en temps de guerre, en vendant diverses marchandises avec une charrette à bras, que ses fils l’aident à tirer. Ils rencontrent des soldats qui s’intéressent au plus âgé et prêchent pour l’enrôler. Elle veut éloiger son fils, pour le sauver, mais un des soldats la retient longuement en lui achetant quelque chose (vendre est indispensable pour elle). Pendat ce temps, l »autre soldat parvient à emmener le jeune…
              Comme mère elle doit nourrir ses enfants (donc rester et vendre)
              Comme mère elle doit les protéger de l’enrôlement (donc partir, éviter ces soldats)

              Ce type de scène permet de sortir du strict « inter-individuel » (la relation mère – le soldat) sans pour autant rentrer dans une scène didactique avec des statistiques.
              Notre exercice de base à l’ETP : créer des images contradictoires. On essaie ?

              Trois groupes préparent une scène amenée par le vécu d’un·e participant·e.
              1) A l’hôpital:
              Vouloir faire bien son métier en tant que soignant·e (accompagnement et soin) et en être empêché·e par le temps et les moyens humains qui manquent. Une infirmière accueille et accompagne une personne hospitalisée très angoissée, qui se sent au bord de la mort. Elle reste au bord de son lit, mais pendant ce temps là, la sonnette du voisin retentit, puis on entend celui-ci appeler et répéter « vite, vite, ma poche de transfusion est vide » Un « cadre de santé » surgit et dit au soignant “Enfin ! Faites votre boulot”. « Je peux pas être à deux endroits en même temps, aidez moi ! »
              « Ce n’est pas mon travaii, et du travail, je n’en manque pas, moi non plus !”
              COMMENTAIRE : la contradiction est liée à l’organisation du travail : ce n’est pas un manque de volonté, c’est l’organisation concrète de ma profession qui se contredit : Je dois réconforter ET soigner. On peut ainsi considrer que le cadre de santé est lui aussi scindé.

              2) A l’école :

              • Un enfant « en situation de handicap » aujourd’hui son AESH est absente. L’institutrice se retrouve devant la crise d’angoisse de l’enfant, tout en ayant le groupe classe à gérer, la continuité des programmes, du cours à assurer…
              • COMMENTAIRES :
                -Quelle est la réalité et comment s’exerce-t-elle, à propos de la contrainte à continuer le programme à l’école ?
              • -L’ensemble des besoins des enfants ne peut pas être couvert. Comme dans la première scène.
              • -Quelques idées pour enrichir la scène :
                Le système et les programmes peuvent être représentés par les inspecteurs. Ou par la directrice, qui reprocherait à l’enseignante soit le choix de faire des jeux avec les enfants (l’enfant angoissé à bras) soit de laisser la classe étudier en « autonomie » pendant qu’elle tente de rassurer celui-ci.

              3) La subvention pour les ateliers théâtre :

              • Réunion. La Directrice du Centre Social dit à l’intervenante théâtre : “C’est super votre travail, on veut continuer à bosser avec vous. Mais je n’ai plus de budget”. Le fonctionnaire territorial dont dépend la subvention arrive et annonce : cette année, “lutte contre la radicalisation ET prévention des addictions”. Le projet est à déposer sous 3 jours, en co-création avec les parents.
                Combien d’heures en tout ? (très peu). A réaliser dans les 5 mois à venir, avec un spectacle à la fin, pour que « les parents prennent conscience des problèmes de leurs enfants ».
                L’intervenante : “ok pour des ateliers avec les jeunes, mais pour un spectacle, il faudra voir avec eux ».
                Scène suivante : une ado annonce “Je veux pas faire de spectacle.”
                La directrice demande à l’intervenante de défendre le projet devant la jeune, « vous pourriez faire des ateliers intéressants avec les jeunes et puis, hop, une présentation drôle avec les parents, allez ! Vous savez si bien faire !… » Comprenez qu’il le faut, sinon je n’aurai pas le budget ». COMMENTAIRES :

              – Une injonction paradoxale : faites ça, mais on ne vous donne pas les moyens.
              – Le pire, c’est que si on accepte et on arrive quand même à le faire, alors on justifie qu’on peut faire mieux avec moins.

              •  

              De l’mportance de construire des images
              D’abord parce que cela permet de montrer comment on est soumis à des processus dont on est conscient ou pas. L’image montrée peut créer la distance et aider à la prise de conscience.
              Exemple : Comment montrer le problème de l’esclavage sans le réduire aux actions des maîtres face aux esclaves ?
              Dans les scènes de tout à l’heure, il y a une condition sociale qui ne permet pas de sortir de la contradiction. L’oppression fait que le personnage est scindé. .

              Quelques exemples et réflexions :
              Au Brésil, dans une scène, la poiice arrête un Indigène en amazonie. Spontanément, on se dit qu’il s’agit d’un banal abus de pouvoir raciste. Mais cette homme vit de la destruction de la forêt, et donc contrevient à la loi !
              La situation est telle qu’on vit aussi de ce qui nous détruit. Ce qui engendre la folie.
              -Les vignerons mettent des pesticides et leurs enfants naissent avec une maladie.
              -En France, le travail social construit lui-même des catégories. Jusqu’à parfois étiquetter des enfants « neuro-atypiques » pour gagner des droits liés à ces pathologies et continuer à survivre. Ainsi il faut parfois trouver des raisons médicales pour pouvoir être demandeurs d’asile et rester en France. Pour cela il faut donc se montrer « malade ».

              L’opprimé est-il conscient de ce qui lui arrive ?
              Dans les théâtre forums, c’est souvent le cas. Là, la proposition n’est pas forcément le cas. Ainsi dans Brecht la “mère courage” veut vivre de la guerre sans payer son dû à la guerre. Elle cherche aussi son enfant que l’on sait mort. Le personnage ne comprend pas ce qui se passe, mais le public, lui, comprend.
              On n’a pas forcément besoin de modèles sur scène qui donnent de l’espoir, et qui ainsi proposent au public des modèles à suivre.
              On peut aussi monter des spectacles de forum où il n’y a pas que des scènes d’interventions. Ces scènes d’interventions ne sont pas des face à face entre l’opprimé et le grand oppresseur.
              A l’ETP, nous proposons en atelier des scènes modèles, et demandons aux participants de construire leurs propres scènes à partir de ces modèles.

              A propos des « subversifs soumis ».

              Penser les possibles alliés comme des subversifs/soumis nous permet de faire des forums sur la construction d’alliances et ses difficultés. Ceci, plutôt que sur la confrontation directe entre un opprimé et les grands oppresseurs.

              Exemple : Je ne fais rien contre la gentrification des favellas parce que ça me rapporte quelque chose : des norvégiens y achètent des maisons, une boîte de nuit s’y installe, jamais il n’a été dépensé autant d’argent dans la favella… Le conducteur de moto-taxi gagne pas mal d’argent avec ce type de clients, mais il participe ainsi à la destruction du milieu de vie de sa propre famille.
              But du théâtre forum :
              Pour l’ETP, le but n’est pas que ça se résolve sur scène, mais que ça crée de la mobilisation. Pour nous, le TO cherche à rassembler les classes populaires pour lutter contre les oppressions. Augusto Boal : “C’est plus important une bonne discussion qu’une bonne solution”
              Les oppressions dont souffrent les gens ne peuvent pas se résoudre à l’échelle individuelle. Le problème n’a pas commencé dans la salle de l’atelier, comment pourrait-il se terminer dans cette salle ? Augusto Boal : “C’est plus important une bonne discussion qu’une bonne solution.”
              Attention : on peut faire des TF qui « tournent bien », qu’on joue souvent, mais qui n’ont pas de liens avec les conjonctures sociales et politiques, donc peu d’impact… On ne joue pas de spectacle simplement pour jouer, mais pour contribuer à l’alliance entre mouvements sociaux.

              Un théâtre de guérilla se pose la question :
              Quelle est la conjoncture sensible ? Comment se positionner ?

              Notes mises en forme par JF Martel, relues et complétées par Julian Boal, à partir des notes de Carole de la Cie les incarnées (Lyon) et pas de Béatrice Charreton, comme annoncé ! (désolé de cette erreur d’attribution !) Merci à elle.

              Rencontre N°15 avril 22

              Rencontre du réseau TO N°15 à Loguivy-Plougras, les 23 et 24 avril 2022.Nous étions une vingtaine (liste à la fin du CR) préparation, animation : Jean-François (Et Toc!), Cyprien (L’attelage) Marilableu (Folies passagères).
              SOMMAIRE:

              1ère partie: présentation, jeux, nos attentes, histoire et connaissance de notre réseau TO. pages1 et 2

              2èmepartie : « le privilège blanc » Intervention de Saïd Bouamama (texte séparé)

              3ème partie: les scènes montées au cours du week-end, nos débats. pages 3 et 4

              4ème partie: les jeux et exercices pratiqués ce week-end, à partager. page 5

              5ème partie : AG statutaire, membres, site, (p6) bureau, prochaine rencontre, listes. (p7)

              Sur fond jaune : propositions et décisions. Et (entre parenthèses et en italique : notes du rédacteur)

              PREMIERE PARTIE : REFLEXIONS SUR NOS BESOINS, SE PRESENTER
              1) Nos besoins : Joie, écoute, attention même au non verbal.
              2) Partager les tâches, ½ journée par ½ journée :
              prendre des notes,
              être bergèr.e – oreille (disponible pour porter une parole dans le collectif si besoin)
              répartir la parole.
              3) Nos attentes pour le week-end.
              3 petits groupes proposent :
              travailler sur le privilège blanc,
              se rencontrer et échanger,
              faire et entretenir des liens,
              partager des expériences,
              ne pas oublier les pauses, le tout dans la convivialité. !

              PRESENTATION COLLECTIVE DE NOTRE RESEAU (en 6 points)
              J
              eu de l’escargot de la connaissance
              : Ceux et celles qui en connaissent le moins commencent à dire à haute voix ce qu’ils savent du réseau, puis les « un peu moins nouveaux » puis… au fur à mesure, on accumule des informations, sans que les « sachants » monopolisent la parole !

              1) Généralités :
              – On se réunit 2 fois par an.
              -On invite parfois des intervenant·es extérieur·es
              -Certains groupes proposent des résidences, des formations
              -Les groupes adhérents cotisent
              -Un groupe, une voix
              -Nos valeurs : lutte contre les oppressions, échanges entre praticien·nes, coopération et non concurrence.
              -Nous faisons parfois des rencontres en visio, notamment durant le confinement.-Nous sommes en relation avec des groupes de T.O à l’étranger : groupes de Liège, de Guyane, de Suisse, d’Italie.-Nous souhaitons des transmissions : des plus anciens aux plus nouveaux, (et réciproquement !)

              2) Nos outils de communication :
              -notre liste de diffusion-discussion (136 adresses) où chaque abonné·e peut écrire.
              notre site internet : c’est notre vitrine extérieure et intérieure. Il présente les actions et réflexions des groupes, nos thèmes, nos résumés, nos exercices… La rubrique « voyages dans le réseau » fait profiter tout le monde des visites chez les copains.
              3) Notre fonctionnemen
              t
              – Un bureau, (pas de CA), qui peut prendre des décisions urgentes (rares) en l’absence d’AG.- -Tout le monde peut prendre des initiatives au sein du réseau.
              – Nous tenons à une gestion collective, horizontale : notamment par l’agenda et la liste des membres sur le site, qui permettent l’appel de membre à membre (transmission, questionnements, réponses, soutien sur le contenu, entraide).
              – Les demandes et propositions d’aide existent, notamment la mise en commun de techniques, d’images dites « projetées », le partage de scènes existantes.
              – Nous proposons des séances d’analyse de pratique en visio (initiative prise par un groupe) La prochaine : jeudi 30 juin de 18h30 à 20h30 lien :https://meet.jit.si/reseautoapp

              4) La Création du réseau TO
              -Le réseau nous permet de nous démarquer d’autres réseaux existants.
              -Dans notre réseau, nous avons une vision commune, notamment à propos de l’oppression, de l’existence d’oppresseurs, contrairement à d’autres réseaux qui tendent à réduire les conflits à des questions de communication.
              -La création du réseau a eu lieu en 2013, 15 ans après l’explosion du Centre du Théâtre de l’Opprimé d’A. Boal de Paris. L’idée a ensuite mûri lors de rencontres de théâtre forum à Strasbourg, et à Lille, notamment autour du Potimarron, de TOP !, de Naje (et d’autres).

              5) Pour rentrer dans le réseau :
              -Un groupe est en accord avec nos valeurs, quelqu’un·e du réseau a vu un spectacle ou une intervention du groupe, le groupe se présente à une rencontre du réseau.

              – Comment sort-on du réseau ? Certains sont partis. Le réseau n’a jamais demandé à un groupe de partir, mais après un an sans signe de vie, ni cotisation malgré les rappels, ce serait possible.

              6) Y-a-t-il eu un festival de TO en France ?
              Un festival international en 1991 à Paris-Massy, avec Boal, puis des festivals d’initiative régionale (Notamment ceux organisés par le Potimarron, et TOP!)Organiser un festival du réseau ? L’idée a été évoquée plusieurs fois, mais on n’a pas encore eu la réflexion sur les buts, les moyens, la faisabilité.


              LES GROUPES :
              Sept groupes sont présents, dont deux nouveaux groupes qui se présentent
              .
              Matières vivantes : Fanny y est en stage. Le groupe se situe « plutôt » dans la Drôme. Travaille sur le consentement dans la danse, intervient partout en France lors des festivals, un peu dans des écoles, et mène des stages. 3 personnes dans le noyau dur, dont Manou qui vient de Et Toc ! et des bénévoles.

              Le double des clés : vient de prendre contact avec le réseau. Implanté à Paris et… à l’autre bout du pays : Dans la vallée de la Roya. Plusieurs activités, danse, éduc pop, théâtre de ‘opprimé.

              Les groupe qui ne le font pas régulièrement sont invités à donner leurs dates, écrire quelques lignes sur leur actualité et à communiquer leurs thématiques de travail.

              2ème partie: texte sur la conférence-débat de Saïd Bouamama sur le privilège blanc,
              .
              voir à la fin du CR (texte de 6 pages)

              3ème partie
              Mise en pratique de nos réflexions sur LE PRIVILEGE BLANC  : scène A, scène B,
              C) nos débats : violences conjugales et de genre, la non binarité, les mouvements sociaux…

              A) une scène de forum « racisme » où un problème se pose :

              Ce jour là, au cours du forum, quelqu’un dit «« de toutes façons le racisme anti-blanc, ça existe aussi ». La jokère fait comme si elle n’avait pas entendu.
              Que faire ? Et surtout « QUI » peut faire quelque chose ?
              Evidemment les remplacements vont dans le sens de dire, d’une manière ou d’une autre qu’il s’est passé quelque chose ! Ensuite ?
              Renvoyer à la définition du racisme ? Insister sur la notion de hiérarchie et de pouvoir ?
              Mais le modèle contient-il des personnages qui peuvent intervenir en ce sens ?

              B) Un autre groupe a improvisé une scène sur « le vote »
              2ème tour des présidentielles aujourd’hui ! Rappel : hier Saïd demandait si le luxe de ne pas voter entre Macron et Le Pen serait à ranger dans les « privilèges blancs » ? Les blancs seraient en effet bien moins exposés que les migrants racisés si l’extrême droite venait au pouvoir.

              3 images successives.

              1ère : « Avant le vote » : analyse des personnages. Le public est invité à placer une phrase dans la bouche d’un personnage, éventuellement à le rempalcer (en restant fixe)

              • Recours à l’histoire, analyse historique : rappel des circonstances de la montée au pouvoir d’Hitler, et de son arrivée par les urnes…
              • Demander aux personnes qui ne peuvent pas voter leur intention de vote.

              2ème : « Pendant le vote » (même travail)

              3ème : « Les résultats » : dans l’image, Le Pen a gagné les élections, la police a pris du pouvoir.

              Proposition de la jokère, et long débat : aller montrer ces trois images ?
              devant le bureau de vote de Loguivy-Plougras ? Ou dans un autre village ? On questionne cette idée de théâtre d’intervention directe et immédiate, son utilité, les conditions de faisabilité.
              Décision : pas d’action cette fois, mais réfléchissons à des actions collectives au nom du réseau

              C) trois débats à partir des réflexions notées sur des fiches tout le long du week-end.
              Dimanche après midi, nous retenons les sujets suivants :

              -la non binarité (de genre) au sein du TO
              -le travail avec des ONG
              -quand le public d’un forum est différent des opprimé·es
              -TO et mouvements sociaux
              -partager des expériences originales
              …Finalement, trois groupes se forment. Retours de leurs discussions.

              – 1) Travailler avec des auteurs de violences conjugales :
              travailler avec le langage non verbal. (Nota : qui l’a déjà fait dans le réseau ? Voir aussi le document d’Olivier -en anglais- sur son travail avec les auteurs de violences de genre).

              -2) TO et mouvements sociaux le réseau pourrait-il aider les groupes à être plus présents ?
              – Souvent il faudrait intervenir « en temps réel » dans les mouvements sociaux, et nous n’avons pas le temps. Pourtant, des actions déjà menées par des groupes pourraient être reprises par d’autres Quelques exemples :
              -Les femmes de chambre de l’hôtel Ibis en grève, il y a 2 ans, comment les soutenir ? Un groupe au moins (Féminisme enjeux) avait un théâtre forum sur le sujet, comment aurait-il pu servir à populariser cette lutte ?
              -La loi travail : TOP ! avait créé une scène, jouée des dizaines de fois dans la rue, sur les marchés, etc… Comment le réseau aurait-il pu s’en emparer ?
              -Il y a longtemps Naje avait créé « les impactés » lors des suicides qui ont suivi la restructuration de France -Télécom, et une scène pour les Fralib (les ouvrières qui montent uen SCOP)…
              – Le forum diffusable de TOP ! sur les Sans Papiers…
              Comment mutualiser nos efforts ? 

              3) Dans nos théâtre forums contre le sexisme, comment sortir de la binarité ?
              -Qui on remplace ? Comment on nomme les personnes ?
              -Faire confiance à l’intelligence du public pour sentir si le remplacement est crédible ou pas (nota : au joker aussi de solliciter cette intelligence collective)
              -Quelqu’un vient sur scène et est capable de renverser la situation
              Exemple type : un homme prend la place d’une femme victime et « s’en sort ». Pour ne pas générer du mal être, le ou la jokère doit être vigilant·e et nommer ce qui vient de se passer (ici, « adopter les codes et les manières de la virilité »)
              -Le comédien oppresseur a aussi sa part à jouer :
              (par exemple jouer comme s’il était face à l’identité réelle du spectateur sur scène, et pas face à la « fausse » identité qu’il prétend incarner).
              -Rappeler à la personne qui vient remplacer l’opprimé·e qu’elle doit évaluer sa légitimité. Tu as à dire sur cette question ? Tu es concerné·e ? Tu t’identifies ? Tu te sens « allié·e » ? )
              -Autoriser un homme à remplacer une femme ?
              cela peut lui permettre de « se mettre à la place de »… Si cela peut être un exercice intéressant pour quelqu’un du groupe oppresseur, c’est à discuter ! !Notamment à propos des conditions nécessaires pour que ce soit réalisable…)
              Enoncer au début « on va d’abord laisser les personnes les plus proches de notre opprimée venir sur scène » ou : « les personnes qui pourraient se retrouver dans cette situation ».
              – Au sein de nos groupes : inviter des personnes queer, apprendre à mieux se connaître, ne pas considérer le genre comme immuable.

              fin de la partie 1